"La France est prête à punir
ceux qui ont pris la décision
de gazer des innocents" en
Syrie.
François Hollande a fixé, mardi 27 août, devant les ambassadeurs français la doctrine de Paris sur la Syrie au moment où la France se prépare à une intervention alliée contre le régime de Bachar Al-Assad.
Dans la salle des fêtes de l'Élysée, le chef de l'État a déclaré "que tout porte àcroire que c'est le régime qui a commis cet acte abjecte". "C'est une ignominie que de recourir à des armes que la communauté internationale a banni depuis 90 ans", a-t-il poursuivi. "La France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents. Demain, je réunirai un conseil de défense, et le parlement sera informé de la situation au plus vite". Le chef de l'Etat a invoqué la"responsabilité de protéger les civils" telle que définie par l'ONU.
"TOUT VA SE JOUER CETTE SEMAINE"
"Ce conflit a déjà fait plus de 100 000 morts et se propage désormais à l'ensemble de la région", a-t-il souligné, citant la dégradation de la situation sécuritaire ou humanitaire au Liban, en Jordanie, en Turquie ou en Irak. Il a estimé que le conflit syrien menaçait "aujourd'hui la paix du monde". "J'ai décidé d'accroître notre soutien militaire à l'opposition syrienne", a-t-il poursuivi, précisant que "la France fut la première à reconnaitre la coalition nationale syrienne comme representante légitime du peuple syrien".
Avant l'intervention du chef de l'Etat, une source proche de l'Elysée avait affirmé :"la France ne se dérobera pas à ses responsabilités" en Syrie. Hier, François Hollande avait confié au journal Le Parisien que "tout [allait] se jouer cette semaine", évoquant "plusieurs options", allant "du renforcement des sanctions internationales aux frappes aériennes en passant par l'armement des rebelles"syriens. Le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, avait assuré quant à lui que la décision concernant une "réponse proportionnée" serait prise"dans les jours qui viennent".
PLUSIEURS SCÉNARIOS À L'ÉTUDE
Ces déclarations interviennent alors que se précise une frappe occidentale contre le régime. "Nous sommes prêts à y aller si Obama le décide", a affirmé le secrétaire à la défense américain, Chuck Hagel. La Grande-Bretagne, qui ditexaminer une "réponse proportionnée", a reconnu que des plans en vue d'une possible action militaire étaient en préparation. Selon une porte-parole de Downing Street qui s'est confiée au correspondant du Monde à Londres, Eric Albert, une réplique militaire suite à l'attaque chimique en Syrie serait désormais "une question de jours".
Preuve en est le retour de David Cameron à Londres ce mardi matin, après avoirécourté ses vacances. Mercredi, il présidera à une réunion du Conseil national de sécurité. Jeudi, la Chambre des communes, qui était en vacances et devait en principe effectuer sa rentrée lundi 2 septembre, a été rappelée pour débattre etvoter sur la réponse britannique à cette crise.
Divers scénarios seraient à l'étude, dont un consisterait, selon le Washington Post, à mener des frappes limitées dans le temps contre des installations du régime syrien. Citant plusieurs hauts responsables de l'administration Obama, le quotidien évoque une attaque "qui ne durerait pas plus de deux jours et utiliserait des missiles tirés de la mer".
Selon The Guardian, l'activité se serait intensifiée ces dernières quarante-huit heures à l'aéroport de Larnaca, à Chypre, considéré comme une possible base en cas d'intervention aérienne.
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